Non, mais c'est ça, je dis : oui oui, je reviens ! et genre, je reviens pas en fait.

Bon, ceci dit, c'est le grand chassé croisé des bloguettes. Sur la blogline, certains sont en berne depuis plusieurs semaines, d'autres reviennent, "youhou, je suis de retour", et nous écarquillent les mirettes de leurs souvenirs de vacances.

Moi, je fais comme si j'étais partie en vacances, donc j'écris rien, mais en fait je scrute, je surveille tout ça et je suis toujours chez moi. Mais l'avantage du Nord, c'est qu'on a un peu l'impression de partir en voyage à travers les 4 saisons, un voyage temporel, digne, au moins, de Jules Verne (et je parle sans connaissance de cause puisque je l'ai jamais lu, mais je devrais peut-être). C'est plutôt futuriste comme tourisme, et c'est surtout très bien pour les pauvres qui peuvent pas partir loin, ils ont la diversité sur le pas de la porte :

  • A un petit moment il fait beau, même j'étais en maillot dehors histoire de prendre un peu des couleurs en mangeant une glace - et j'avais mis de la crème solaire en me disant 'oh oh, le capital solaire, cuidado chica'. Bon, faut voir que le Conseil général, il nous monte le bourrichon avec des campagnes de prévention style 'même dans le Nord le soleil tape' avec une photo super réaliste d'une famille avec des casquettes et des lunettes de soleil... Quand j'ai vu le soleil pointer, j'y ai trop cru.
  • Donc, ensuite, à un autre long moment, il pleut-pleut-pleut, et que ça tonne, et que ça zèbre le ciel, alors on reste à l'intérieur avec le linge humide (lavé-essoré à la main vu qu'on a plus de machine...) et on ressort les chaussettes et les pulls et les puzzles - y'en a même qui remettent le chauffage, mais ça, c'est les mêmes que ceux qui filent au ED acheter du fromage à raclette, ils perdent pas le nord les gens du Nord... (hum hum)
  • Et le pompom, c'est quand il a grêlé super fort, des énormes glaçons, et ça c'était l'heure de l'apéro alors j'ai dit, bravo le climat, et tchin' Jacqueline.

Un peu plus loin, leur pompom, ça a été la tornade et ils ont vraiment trinqué. Mais là, le tourisme temporel il dépasse les bornes. On peut pas mélanger les saisons ET un best-of des endroits maudits du globe quand même, sinon l'an prochain ça va être la faille tectonique californian-style ou un tsunami aussi... Je crois qu'au Conseil général, ils ont les yeux plus gros que le ventre. En tout cas, dans l'affiche de cette année, ils ont oublié de dire qu'en plus de la crème solaire, il fallait barricader ses fenêtres et fermer les parasols.

Enfin, au-delà de ces considérations climatiques, je décrète qu'aujourd'hui, c'est officiellement la nouvelle vie qui commence.

Le rouquin vient de poser ses petons gonflés par 8h30 de pressurisation de cabine sur le sol martiniquais, sauf si le triangle des Bermudes s'est interposé, mais vu qu'on ne sait toujours pas vraiment où c'est, on reste optimiste. Pour ma part, je reste avec le chat et le marcassin (et accessoirement la maison à finir de vider et à rendre...) jusque mi-septembre. Ensuite, on le rejoint. Enfin, ça, c'est s'il nous donne la bonne adresse, parce qu'on les connait les farceurs, et on aurait l'air bien [Marie], plantés à l'aéroport comme deux lamentables lamentins (là, c'est lot-of-laugh puissance 10 chez les lectrices-voyageuses, parce que l'aéroport de la Martinique, il s'appelle le Lamentin) - 2 lamentins, et un chat, parce que tout compte fait, j'ai décidé que c'était très drôle que cette mignonnette parte avec nous en septembre, car plus on est de fous plus on ri, surtout pendant 8 heures d'avion enfermée dans une petite caisse coincée sous un fauteuil...

Mais revenons à nos moutons et à cette histoire d'adresse et ayons confiance, c'est pas du genre à nous faire un coup tordu ce gars-là !

Ah, sinon, j'ai réussi à avoir le passeport de l'enfant, et c'est déjà rassurant. Et je viens de recevoir un message de la mairie qui me dit que sa carte d'identité est prête aussi. Incredible !

Ahora, dernière potentielle embûche à contourner habilement : que le paternel de l'enfant-marcassin ne se décide pas à poser une interdiction de sortie du territoire juste pour rire comme ça. En fait, depuis que ça m'a traversé l'esprit, je tremblote parfois intérieurement, mais là aussi, allons de l'avant.

Alors vous allez vous dire, je suis un peu parano avec les hommes. Eh oui, c'est vrai.

La verdad, quand j'ai commencé à fréquenter assidument le rouquin-martiniquais d'adoption (une fois qu'il aura picolé son premier rhum en dansant le zouk avec des coups de soleil rougeauds sur tout le corps - c'est ça l'intégration selon moi !), je me suis rendue compte que j'étais quand même bien barrée dans ma tête. Je me réveillais en sueur la nuit, le soupçonnant d'avoir tué ses ex-compagnes, de les avoir découpées en petit morceaux et planqués je ne sais où. Je lui en avais donc parlé en essayant de rester neutre (genre, je lançais l'idée comme ça, sans lui poser réellement la question mais en l'évoquant sérieusement, comme si c'était du domaine du possible...). Il avait ri. Pourtant, dans ma tête c'était pas acquis que ce soit inimaginable, et du coup, ça n'avait rien de drôle. Bref, à l'époque, j'étais pas très au point sur où placer la barrière entre acceptable et non-acceptable, imaginable et non-imaginable. Je sortais d'une sale relation et j'étais un peu perturbée dans ma confiance au monde, que je regardais avec distance et méfiance.

Alors maintenant, tout ça c'est du passé et tout va nettement mieux - et les ex du martiniquais ? ben, j'en sais pas plus, mais je les imagine pétillante de vie et physiquement intègres, ce qui à un certain point, devient le plus important... Néanmoins, il est évident qu'à chaque contact avec l'élément perturbateur, qui vous l'aurez compris (car vous suivez attentivement...) est le père du marcassin, se réactivent des réflexes de protection : montée d'adrénaline, rester sur mes gardes, méfiance, économie de parole, de sourire, d'émotions visibles. Alors quand, souriant, il m'a demandé "ça y est tu as ses papiers d'identité ? et vous avez déjà pris vos billets d'avion ? et vous partez quel jour ?", je me suis sentie flotter dans une ambiance de harcèlement jovial, et j'ai répondu dans le vague sans pouvoir m'empêcher de penser "il va nous poser une interdiction de sortie du territoire, rien que pour me faire suer". Enfin, il va bien falloir que je donne des réponses précises à un moment donné. Mais bon, on va pas s'empêcher de vivre hein ! Et surtout pas loin loin loin...

Bon.

Voili-voilou, j'ai bien raconté n'importe quoi, j'ai parlé du beau temps et de pourquoi j'ai bien fait de me coltiner des séances bi-hebdomadaires chez le psy pendant une période. Ben, je suis bien contente d'avoir un blog, tiens, voilà qui est bien utile et nécessaire à tout le monde, à moi et à vous. Hum.

Bon...

Allez, un jour je retrouverai ma machine à coudre et j'aurais des vrais prétextes pour vous raconter ci ou ça. Patience !

En attendant, la belle nuit à tout le monde et à bientôt !