Youhou !

Un dernier flash-back pour boucler la bouclette (faudrait pas non plus rester coincés dans une faille spatio-temporelle à force de jacasser sur ce qui s'est passé y'à un mois. Arghhhh, le vortex, le vortex !). Suite à ça, ce sera à nous le temps présent, l'épanouissement dans la spontanéité, car vous et moi, non seulement on est aware que la spontanéité c'est mon truc (ah ?) mais aussi de façon plus générale, qu'écrire un blog c'est uuuuuultra spontané (bis repetita).

avion

[là où on découvre que les avions ont un sexe...]

Donc, hop hop, l'enfant et le chat dans l'avion. Hop hop, on a voleté 8h30.Puisque l'avion vibrait et qu'on avait tous les oreilles en chou-fleur sourdingue ou qu'on chantonnait en écoutant la radio de l'avion - surtout le marcassin qui a bien bloqué sur la radio spécial enfant -, personne n'a entendu la chachoune qui miaulait désespérément au départ.

Au cas où, nous on faisait genre "on la connait pas". On avait répété le scénario avant, alors on le faisait super bien. Mais une fois dans les airs, vu que traumatisée par le décollage en trombe, elle continuait à se manifester bruyamment - nonobstant la méga-dose de pschitt aux phéromones de chat dont j'embaumais sa cage pour l'amadouer -, je lui ai mis ma veste en velours noire dessus, "pour qu'elle ne soit pas embêtée par toute cette lumière !" (tu m'étonnes, c'était drôlement lumineux sous le siège avec les pieds du marcassin sur la caisse...). En fait, sournoise que j'étais (ça y est, ça m'est passé), c'était pour étouffer ses petits cris de bête poilue qui me faisaient redouter le moment où le Martiniquais de devant allait se retourner et me jeter un regard noir.

Ben oui, c'est mon premier voyage en Martinique et je suis plutôt du genre conciliante avec l'indigène. C'est les études d'anthropologie qui m'ont appris ça, toujours faire profil bas le temps de comprendre dans quel pétrin on a mis les pieds...
Donc, pschitt aux hormones, rideau, et hop, plus de chatounette pendant 8 h.

A notre arrivée, je n'ai pas pu récupérer ma veste que l'animal sauvage avait tiré dans son antre et suçoté durant tout le voyage. Ca doit être un effet pervers du pschitt aux phéromones de bébé chat, la régression. Donc on est sortis de l'avion, mais là, y'avait des gens qui restaient dedans pour aller jusqu'à Gwada (trop comme je me la pète en fait), donc on a remonté le couloir central, chargés comme des mulets, avec le chat dans sa caisse et son voile noir, le marcassin portant le sac de picole du duty free (eh eh), etc. Là, chachoune, elle s'était bien réveillée et elle couinait sec. Et là, surtout, après 8h30 de vol + 2 h d'enregistrement + 3 h de route depuis le départ le matin, elle sentait le vieux fauve en cage, ce qu'elle était. Et puis elle s'était un peu lâchée aussi, et ça sentait... Oui, oh, beaucoup de détails inutiles, j'admets, mais pourquoi je vous raconte ça ?

Parce que tout d'un coup, c'était drôlement plus dur de faire bonne figure devant les passagers restants - mais en même temps, je me disais qu'ils venaient pas sur notre île, donc c'était moins grave (et l'anthropologie ne nous dit pas comment nous comporter avec les voisins des indigènes, alors chacun se démerde, d'autant qu'on était pas en train de faire du terrain non plus, ai-je alors réalisé...). Mais surtout, c'était gênant parce qu'on on a mis un temps incroyablement long à remonter depuis la queue de cet avion jusqu'à la seule porte de sortie homologuée, tout à l'avant.

A ce moment-là, je m'étais dit qu'il était drôlement grand cet avion.

Maintenant, en y repensant, je me dis que c'était un première manifestation de la langueur martiniquaise...

A très vite !