Katy Perry


Communiqué officiel : Vu que je suis vraiment en manque de reconnaissance en ce moment, j'ai ajouté une newsletter sur le blog (hop, juste là --->), pour tenter de rendre captifs mes 12 lecteurs assidus... On fait ce qu'on peut...


Début décembre, je ne sais pas ce qui m'est arrivé, j'ai acheté une planche à repasser.

SS854486Je crois que j'étais submergée par mon rôle de femme au foyer et que j'ai ressenti un besoin impérieux de m'équiper pour me confronter à mon nouveau destin.

Aussi, quand ça a commencé à me passer par le crâne cette lubie, j'ai découvert que les planches à repasser se vendent 125 euros chez Super U. J'ai pensé que c'était une erreur d'étiquetage et j'ai failli en parler à une vendeuse, mais il y avait divers modèles (là, je dis, pour l'œil du spécialiste, parce que pour moi, il n'y avait que des planches à repasser...) avec des prix farfelus, de 88 à 125 euros. Donc je me suis dit, une planche à repasser à 8,80 euros, ce serait pas cher. Mais c'est là que j'ai réalisé que niet erreur d'étiquetage, real prices, good money bling-bling.

Waaaah, ça m'a effaré, mais ça a aussi renforcé mon envie de planche à repasser, par un genre de raccourci mental débile : c'est précieux, il m'en faut une !

Enfin, radinerie.com oblige, je me suis quand même retenue, l'œil aux aguets pour saisir la bonne affaire, et je l'ai débusquée à Weldom, notre magasin de brico à nous. J'ai même acheté de l'eau déminéralisée à la lavande. J'étais super à donf ce jour-là.

Donc voilà, 18 euros je crois. C'est pas cher, certes, mais c'est toujours 18 euros de foutus en l'air vu que je ne repasse pas. Enfin, les seuls moments où je repasse, c'est quand je couds, et vous savez ce qu'il en est en ce moment. Mais, justement, ça va peut-être booster ma production de ne plus me mettre à 4 pattes sur le carrelage avec un tapis en serviette éponge quand je marque un pli ou prépare un biais...

Bien évidemment, j'ai été confronté au dilemme entre prendre la planche moche et prendre la planche moche. J'ai choisi la première de la pile, histoire de simplifier. Je ne me reconnaissais pas, moi qui suis incapable de prendre une décision sans changer trois fois d'avis et terminer en doutant de mon choix - même pour les trucs sans importance du quotidien, genre "est-ce que je mange un yaourt en dessert ?". J'étais comme habitée par mon rôle social, c'était beau à voir.

Non, en plus, je dis, la planche moche, mais elle est pas si pire, au contraire, elle rompt avec tous les canons du genre. Enfin, trêve d'enthousiasme, elle n'est pas jolie non plus.

Bon après, je fanfaronnais comme quoi j'allais avoir une centrale vapeur à Noël. Bon, c'était une blague. Mais puisque j'avais découvert qu'il y avait des fers à repasser à 12 euros et d'autres à 300 euros, j'étais quand même intriguée. D'après mon expérience, repasser, c'est repasser et vus l'ensemble premier prix à 30 euros et le kit de luxe à 450 euros, ça révèle une sacrée guerre des classes chez les femmes au foyer...

Bien heureusement, je n'ai donc pas eu de centrale vapeur à Noël. J'ai eu un micro-onde. Ouais, chacun sa croix hein. Mais, avouons, c'est bien utile. 

Ça a mis fin à mes velléités de travail domestique et bien décidée à déjouer le piège familial  :

  • j'ai retenté une candidature spontanée pour une boite locale,
  • j'ai postulé à une offre de l'ANPE,
  • j'ai fait une demande de stage au CHU local (rapport à ma nouvelle vocation, remember les vers...).

Les réponses inexistantes des deux premiers ont été compensées par l'acceptation du troisième, provoquant un enthousiasme délirant :

La semaine prochaine, je serai en blouse blanche au Chhhhhh local en pédiatrie, pour un stage d'observation de la profession infirmière !!!! (Tremblez jeunes leucémiques...)

Moralité : la main d'œuvre gratos et non qualifiée l'emporte sur la main d'œuvre compétente et sur-diplômée en recherche d'emploi. On n'est pas sortis de la crise...

Ceci dit, j'étais pas au bout de mes peines, car dans la lettre, le Chhhhhhh disait :

  • "présentez-vous tatati tatata.... munie d'une blouse blanche et de chaussures silencieuses".

Pour ainsi dire : Un terrain miné de doutes et de questionnements.

Puisqu'il fallait faire parvenir quelques papiers au bureau des stagiaires pour conclure notre affaire, j'ai revêtu mon habit d'agent double et me suis rendue sur place équipée de mon œil de lynx. J'ai tâté le terrain avec la cheftaine à savoir si je pouvais choper une blouse de l'hosto, mais elle a dit "....vous achetez votre blouse...". J'ai alors demandé s'il fallait un pantalon avec, et elle m'a dit que tout dépendait de la taille de la blouse. Sur ces propos laconiques, je me suis éclipsée en la remerciant avec un "à lundi alors !" débordant d'enthousiasme.

Hmmmm, l'enquête basée sur les propos de l'informatrice privilégiée s'enlisait. Il fallait passer à une phase intrusive : l'observation in situ.

En commençant par le sous-sol, j'ai arpenté quelques couloirs bien déterminée à observer le personnel hospitalier : Qui était habillé comment ? blouses longues ou courtes ? si blouses longues, qu'est-ce qu'on met avec ? et les chaussures ? Croc-or-not-croc or tongs or scholl de vieille ?...

Puis je me suis rendue à la ville, au magasin recommandé par la cheftaine.

Là, y'avait un modèle de blouse longue, moche et à 30 euros, et un modèle de blouse courte, plus joli mais à 45 euros avec le futal obligatoire à 30 euros. Étant l'incarnation légendaire de radin.com, j'ai dit, "hum, hum, je vais voir...". Et je suis partie à la recherche d'un concurrent qui ferait des soldes. Peine perdue mes amis ! Niet deuxième magasin fournisseur de blouses.

C'est alors qu'un éclair de génie m'a illuminé : I was a cousing girl, I was gonna coudre a blouse !

C'est pas compliqué, c'est moche, donc, c'est dans mon rayon ! C'est donc d'un pas sautillant que je me suis rendue dans une des mille boutiques de tissus de Fort d'oeuf rance (ah ah). J'ai exposé mon projet à la vendeuse, qui m'a présenté deux tissus. Et puis j'ai réfléchi au patron (ah ah, judicieux choix de couleur...). Quel patron japonais adapter pour faire une blouse médicale ? Je pensais à la robe 13 du livre 1, mais ça signifiait couper l'avant et rajouter des boutonnières - technique jusqu'alors jamais expérimentée. Bon surtout, je ne sais pas vraiment à quoi ressemble une blouse, mais je me disais que dans le doute, je regarderais un petit Dr House pour m'éclaircir les idées.

Deux heures plus tard, après avoir écumé toutes les boutiques en plein soleil, j'ai appelé le roux pour lui faire part de mon éclair de génie et il a dit : "lâche l'affaire, tu vas te payer le chicon avec ta blouse home-made". Et c'est vrai qu'en me projetant dans ma blouse avec ses manches raglans et ses boutons pression, et je me suis dit : halte à la lose. Gardons ça pour plus tard...

J'ai donc finalement acheté la blouse longue, un joli pantacourt bleu turquoise (oui, je me suis dit que le blanc ça suffisait comme ça, et puis les enfants malades, ils aiment bien le bleu...), et des chaussures blanches, moches mais confortables. And we'll call it a déguisement de personnel hospitalier...

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Les petits amis, n'hésitez pas à vous faire opérer de l'appendicite la semaine prochaine, on va rire !

PS : je sais, je ricane beaucoup. Je sais, je ne vais pas ricaner longtemps à l'hosto. C'est pour ça que j'en profite ici et maintenant. Amen.

PS2 (mais non Sof-aux-manettes, on parle pas jeux vidéos !) : Promis, je touche pas aux perfusions !