26 mars 2009
Retour à la normale. Presque.
Sorry amigos !
Je vous ai un peu négligés ces derniers temps - donc je vous mets une chanson sexy pour me rattraper , ay ay ay -. En plus je suis une burne parce que j'ai une super robette a vous présenter, mais faut que je fasse des photos et donc que je la repasse avant, et je ne sais pas pourquoi, je ne trouve pas le temps.
Pourtant on peut pas vraiment dire que je suis overbookette, genre new-yorkaise folledingue en tailleur et baskets. Non, c'est pas vraiment ça. D'ailleurs pour tout vous dire, je suis toujours au chômdu.... .... mais : ahhhhhhhhhhhhhhh, le Dieu des glandeurs invétérés a entendu mes jérémiades et a lâché la thune ! Pôle-emploi, de son petit nom, a enfin débloqué la situation qui faisait bicher ["bicher", pas mal hein...] mon banquier l'air de rien et m'a envoyé presque 3000 euros d'arriérés, et, la verdad, j'ai dit merci la vie.
Mais en attendant, mon futur taf potentiel qui devait commencer à la fin de la grève a pris une tournure tarabiscoté. J'imagine qu'un administratif s'est pointé au lendemain des six semaines de vacances offertes par le Collectif_5_février [j'adore cette photo. Crédit : J.M. André] pour rappeler qu'un appel d'offre était nécessaire voire obligatoire... Et sur ce, que ma candidature est particulièrement intéressante, mais qu'on va faire jouer la concurrence pour voir si y'aurait pas quelqu'un de mieux encore. Ah ah, capitalisme honni. Vive le goulag.
Donc me voilà repartie pour des vacances forcées, pas désagréable au demeurant mais il se trouve que je me lasse de ce sentiment de culpabilité permanent dû au fait que je n'assure que le strict minimum des tâches ménagères, et je préfèrerais avoir le prétexte de bosser 35 heures par semaine pour justifier la baraque crados. Je sais, c'est pathétique d'en arriver là.
Non, en fait, c'est plutôt que quoi qu'on en dise - et surtout moi - la vie active c'est bien et épanouissant. Ça donne un sentiment d'appartenance à la société, à la communauté tiens, on va pas être pingre. Ça permet à l'individu de donner un sens à son existence. ... Ouais, OK, j'y vais un peu fort. On n'est pas tous des médecins sans frontières ou militaires assoiffés de sang. Mais ça ouvre les yeux sur d'autres réalités - même si moisies - et en général, ça permet de rencontrer des gens, quitte à finir en daubant dessus ou, mieux, en s'enfilant des ti-punchs avec. Bien sûr, des fois, c'est tellement la mouise qu'on préférerait être au chomdu même avec 3 mois de retard dans le paiement des indemnités que d'aller y pointer tous les jours. Finalement, c'est encore l'histoire de toujours, le verre plein, le verre vide, à moitié. Tout est question d'alternance en fait, je crois, peut-être. En fait, j'en sais rien. Et puis on s'en fout.
Ceci dit, y'a pas que moi qui me tape ma petite déprime post-hivernale des tropiques. Mon médecin, ce fin psychologue, a noté une grosse fatigue généralisée depuis la reprise. On peut y voir un contre-coup de la grève - ou un effet pervers de la vie active, ah ah ah - et c'est vrai, bordel, elle est où la Martinique de demain ? Perso, j'ajouterai également le sevrage alcoolique après six semaines de ti-punchs sous perfusion : visite parentale, rencontre de nouveaux amis, arrivée en catastrophe de la grande Sof. Plaignez-moi.
Donc tout ça juste pour dire, c'est pas le boulot qui m'étouffe, donc très vite, je mettrai des photos de couturade chouette.
Embrassades !
07 mars 2009
Chauds les marrons + tricotage (de mots !)
"La poule a pondu", je répète, "la poule a pondu".
Incroyable mais vrai. Sentant le poids de plus en plus pressant de la famine familiale sur ses sombres plumes, la poule - qui squatte notre jardin depuis le début de la grève, qui fait des crottes intempestives sur la terrasse et se glisse dans la maison pour manger les croquettes de la chache - cette poule-là a caqueté le bec ouvert et un œuf est apparu ! Miracle de la nature. Et re-belote, deux jours de suite ! J'avoue qu'on n'a pas encore osé manger les œufs, on les a rangé dans la porte du frigo... Bon, je voudrais pas faire ma citadine mijaurée, mais je me demande juste s'ils sont comestibles. On ne sait jamais avec la vieille cocotte ménopausée et/ou avec la pollution locale au chlordécone. C'est vrai ça, pourquoi elle ne pondait pas et tout d'un coup elle pond ? Les avis des poulophiles sont les bienvenus. Dans le doute, je lancerai le marcassin en éclaireur. Mais ça sent le début de l'autonomie alimentaire, ce qui n'est pas à négliger vus les derniers évènements.
Après un mois de grève générale, la Martinique flambe. J'ai même été voir le journal télé chez les voisins ce soir ! Les voisins en ont assez de la grève et veulent retourner travailler [ah !]. Je vous épargne le discours sur les salauds de fonctionnaires qui sont payés pendant les grèves et qu'en plus ils touchent 40% de prime alors qu'ils sont gonflés d'empêcher les autres de bosser; je ne vous relaterai pas l'analyse comparée [et sauvage] des pratiques protestataires des "juifs" versus les "chinois", ainsi bien sûr que les craintes voilées d'une éventuelle dérive raciale du conflit, "mais que si on partait, nous les métros et les békés, la Martinique, ce serait Haïti". Bon, bon, bon. J'étais volontaire, hein, et je savais où je mettais les pieds. Mais je voulais voir des images, et à leur décharge, ils sont sympas quand même [même si je crois qu'ils ont voté Sarko, mais c'était pas les seuls hein, c'est le moins qu'on puisse dire, et on peut pas tout leur mettre sur le dos...]. Bref. Donc, ça chauffe. Bon, évidemment, pour nous, ça ne change pas grand chose, on habite toujours a assez de kilomètres de Fort de France pour vivre dans une tranquillité déconcertante et ne pas respirer les gaz lacrymos. L'essence est de retour - ce qui expliquerait la multiplication des petits cocktails molotov ? - mais c'est un peu chaud les marrons pour aller tâter l'ambiance de violence urbaine, même si une manif est convoquée demain matin par le Collectif du 5 février.
Donc avec toute cette agitation, impossible d'aller à l'aéroport chercher la Sof, ma vieille copine des 400 coups [celle qu'un jour on a pris pour ma mère alors qu'elle a juste 6 mois de plus que moi, ce qui en dit long sur son état de fraicheur et/ou mon visage poupon et attitude puérile !] arrivée de métropole ce soir. La voie rapide est coupée, la traversée de Fort de France est très fortement déconseillée voire impossible. Heureusement, des amis vivant au Sud l'ont accueillie pour la nuit et on espère la récupérer demain ! Rendez-nous la Sof !!! Surtout qu'elle apporte du ravitaillement : litière et croquettes pour la chache, dentifrice pour les pue-du-bec, lait en poudre et Toblerone... et que de notre côté, on s'est lourdement équipés en rhum et citrons en prévision de son arrivée.
Mais, trêve d'actualité. Il me revient le plaisir de vous tricoter quelques lignes du tricot de mots, une initiative rigolote de Sicotin, déjà passée par les mains de : Madame Lustucru-Bulles de Grenouille-La Môme Poison-Liliba-Servanne-Ces petits bonheurs-Dentelle et arsenic-Les Mots Partagés-Livres et vous, livres émois-Mama Cami-Un ange passe-Rouge Cerise-On va voir si je m'y tiens-Non mais des fois-Elle est toujours un peu à l'ouest-Couac-Refermer après usage-Un Arc en Ciel dans le Lavabo-Graines de Carotte-Les Bigorneaux-The Blog Around The Corner-Zelapin Kikoz...
Et très bientôt :
des photos de couturette de cette semaine, en musica, cha cha cha !
Il était près de neuf heures lorsque Henri se gara sur le parking de la supérette d’Etretat.
Une
fois le contact coupé, il resta encore un peu dans sa voiture, le temps
que la chanson qui se jouait à la radio et qui le mettait de si joyeuse
humeur se termine. Puis hop, dans un élan, il sortit.
Ses
talons claquèrent en un bruit sec sur le macadam défoncé. Il huma
l'air, s'emplit les poumons. Plus haut les mouettes riaient déjà. Il
n'eut pas un regard pour les quelques clients qui attendaient
l'ouverture du magasin accoudés à leurs caddies. Il se dirigea d'un pas
guilleret vers l'arrière du bâtiment, dépassa un tas de palettes et
entreprit de traverser le terrain vague.
Bien
qu'il ait eu du mal à prendre sa décision, il était maintenant très
heureux, soulagé, même, et ne pensait plus qu'à cette mission qu'il
s'était fixé, espérant de tout cœur que les résultats seraient à la
hauteur de son attente. Il arriva bientôt à l'extrémité du village, et
s'arrêta un instant, émerveillé comme à chaque fois par la vision de la
mer et du paysage grandiose qui s'étendait face à lui.
Alors,
oubliant une seconde qu'il était attendu à neuf heures et huit
battements de cœur précisément ! Une phrase de son ami Robert Sabatier
lui monta à la gorge : " Si je pouvais écrire avec des algues, toute la
mer tiendrait dans un seul mot. "
Son
regard fixait la mer. S'accordant un peu de temps, son esprit se
reposait au creux des vagues. Il ne voulait rien précipiter. Mais les
minutes s'écoulaient. Il salua la mer et s'en alla au rythme du vent, quand
tout à coup, au détour d’une pensée, il se retrouva les quatre fers en
l’air ! Choc aussi violent qu’inattendu. Mille couleurs se
précipitaient dans ses yeux. Des
étoiles dans la tête, sonné, hagard, Henri tenta de se redresser. Il
avait beau se concentrer, rien ne lui indiquait ce qu’il faisait là,
allongé au sol, la caresse du vent pour seule compagne.
Il vit des visages déformés se pencher, ils ressemblaient aux gargouilles de la cathédrale. Corps inerte, les figures fantasmagoriques se multipliaient au-dessus de lui, obscurcissant le ciel. Les odeurs iodées se mélangeaient aux effluves nauséabonds de la mort.
Il lui sembla entendre une voix, puis deux, mais il ne parvenait pas à saisir ce qu'elles disaient. Émergeant peu à peu de son brouillard, il distingua plus précisément les visages penchés sur lui. Et c'est avec stupeur qu'il la reconnut.
Elle n'avait pas changé. Malgré le soleil dans ses yeux et ces visages au-dessus de lui qui s'approchaient comme des hyènes autour d'un cadavre et la dérobaient par instants à son regard vacillant il savait que c'était elle. Comment oublier ce visage ? Comment avait-il pu croire que tout était fini ? oublié ? Il se redressa sans peine, prêt à l'affronter enfin.
Lorsqu'il
fut bien campé sur ses deux pieds, Henri serra les poings, mobilisa
toute son énergie, paré à l'affrontement, et eut tout à coup
l'impression que sa volonté et son courage s'en trouvaient décuplés.
Que n'avait-il souhaité qu'un tel élan l'emporte, toutes ces fois où il
s'était senti si misérable, si pathétique face à cette femme... Mais
rien, jamais, n'était venu le galvaniser comme aujourd'hui. Tandis qu'ici, et maintenant, plus de vingt ans après les événements, on allait voir, enfin!, qui était le plus fort.
Il ne pouvait pas en être autrement, foi d'Henri !
Pourtant,
ce n'était pas ce qu'il avait prévu pour aujourd'hui... Rien n'aurait
dû se passer comme ça, il était de bonne humeur ce matin ! Pourquoi
fallait-il toujours qu'elle surgisse sans crier gare, comme si elle
prenait un malin plaisir à toujours tout gâcher ? Déjà, alors qu'il
était petit, elle avait le don de mettre fin à ses rêves... Il leva le
poing et ce simple geste lui remit immédiatement en
mémoire l'invraisemblable, l'irrémédiable - Pas encore mortifié,
surtout enivré par la quantité d'adrénaline qui circulait encore dans
ses veines, qui lui avait valu cet évanouissement - cette petite mort -
qui lui avait aussi permis de passer à l'acte, puis de conduire d'une
traite de Toulon à Etretat, d'un port à l'autre, d'une mer à l'autre. Pour la retrouver là.
Ses
idées étaient claires maintenant, et il n’allait certainement pas tout
gâcher avec une bagarre de terrain vague. Il avait un autre programme.
«Suis moi» . C’était tout, sauf une invitation à une randonnée pédestre
sur la falaise. Curieusement, il n’eut pas besoin de lui prendre le
bras pour la faire monter dans sa voiture. «On va dire bonjour à René, ça
fait longtemps.» La route était toujours aussi belle, mais il n’en vit
rien, occupé à surveiller la vieille. Il fut juste un peu surpris
d’arriver aussi vite au Havre. La ville avait peu changé, et il retrouva facilement la route du port.
Elle était toujours aussi déserte, aussi put-il se garer sans manœuvre, juste devant le troquet. Avant
même d'y entrer, il fut déçu car ce n'est pas René qu'il vit derrière
le bar, à travers la porte vitrée, mais sa femme. Le regard de la
vieille s'éclaira. Il ne put faire demi-tour car, au tintement du
carillon accroché à l'entrée des lieux, tous les habitués et même la
patronne avaient tourné la tête vers eux.
Bonjour, Simone, marmonna-t-il sans enthousiasme. Il n'avait jamais
aimé cette vieille commère - n'avait jamais compris comment René pouvait
s'accommoder d'un tel poison.
Poison était d'ailleurs le mot approprié. Les gens avaient beaucoup jasé sur la disparition aussi précoce qu'inattendue de son premier mari au seuil de sa trentaine toute neuve. Et les années qui suivirent où Simone fut hébergée par la vieille, avant qu'un malheureux hasard ne mette René sur sa route, n'avaient fait qu'aigrir une personnalité déjà peu aimable. Ces deux-là avaient dû ourdir bien des complots... et à cette idée Henri sentit monter une bouffée de rancœur.
Évidemment c’était à prévoir, à chaque fois qu’il s’était imaginé confronté à ses
fantômes, tout s’était passé bien différemment. Il était alors bien
plus fort, sa bouche moins pâteuse, il abattait tous les obstacles,
obtenait ce qu’il était venu chercher… Il sentait confusément que les
choses ne seraient pas si simples et que toute sa détermination n’y
changerait peut-être rien.
La
vieille fit un signe de la tête. Simone posa son tablier sur le zinc.
-Salut Henri ! ça fait une paye qu'on t'a pas vu dans le coin...- Henri
la suivit sans mot dans l'arrière cuisine. -René s'est tiré...- Henri
esquissa un sourire. Il savait... ils allaient reprendre du service.
Ses pensées remontèrent vingt ans en arrière. Simone, René, Henri...
Juliette. C'était elle. Neuf heures et huit battements de cœur...comment avait-il pu douter? Demain ils seraient réunis. Simone
sortit une enveloppe de l'antique buffet. -Lis!- René a laissé ça pour
toi.
Henri,
Raoul est de retour -stop- j'ai dû me caleter de chez la vieille -stop- j'le file depuis 1 mois -stop- il se planque chez le Mexicain -stop-
C'était presque trop simple, mais pour une fois que tout s'emmanchait bien, il n'allait pas la ramener.
Il obtint de Simone un "irish breakfast" façon "Tambouille".
L'explosion de la devanture ne lui laissa pas le temps d'en profiter,
Défonçant
la porte de service du pied (cadeau bonux pour la taulière; de toute
manière, l'expert devrait passer pour l'entrée), Juliette en
bandoulière, il n'eut qu'à cueillir sur le parking l'alfa roméo de ces
crétins.
Le mexicain. C'était pas la porte à côté, mais il n'avait jamais été contre un peu de tourisme.
"Fils de pute". Juliette ne se débattait plus mais grommelait encore quand ils s'engagèrent sur l'autoroute à vive allure. Il était habitué à son sale caractère et puis c'était elle qui était venue le chercher. Ils partagèrent en silence le café qu'elle tira d'un thermos sorti du fond de son sac, puis elle lui remit ses nouveaux papiers d'identité : passeport, permis de conduire international, visa en règle. "Arrête-toi à la station service, faut que tu te change maintenant. Apprend tes nouvelles coordonnées par cœur et détruis le mémo. Pour le reste, tu connais la procédure". La vieille, toujours aussi professionnelle... Il baissa les yeux sur le passeport et sourit en découvrant son nom. Ils ne lui épargnaient donc rien ?
02 mars 2009
Le pactole du vendredi 13, et autres anecdotes d'actualités.
Enfer et damnation !!!!
Alors que depuis quelques jours je ne jure plus que par Bébert, je découvre aujourd'hui qu'il a rejoint le gouvernement !!! Et pire, qu'il est un sympathisant de la première heure de Sarkozy. Quel sombre imbécile, il a bien choisi son moment pour se faire remarquer l'adorateur des tropiques... Je suis drôlement fâchée. Alors pendant qu'on y est, je vous rappelle la liste des indésirables : David Douillet, Enrico Macias, Carlos, Henri Salvador, Faudel, Rika Zaraï, Paul-Loup Sulitzer, Christian Clavier, Charlotte Rampling, Véronique Genest, Jean Reno, Michou, Arthur, Jean-Marie Bigard, les frères Bogdanoff, Alain Prost et Henri Leconte, qui selon Le Point ont soutenu la campagne présidentielle UMP. J'imagine que tout le monde était au courant, mais vu que je ne suis pas très people, paillettes et beaufitude, j'avais tout loupé. Enfin, en même temps, cette fine équipe, elle va pas être difficile à boycotter, pas comme Bébert quoi... Bref, tout part en couille, y'a plus de saisons ma bonne dame.
D'ailleurs en parlant de saison, la piscine cet après-midi était à 29,5°C ! Moi non plus je n'en revenais pas. Je crains un sérieux réchauffement climatique, je vous le dis tout net. J'avais terminé le premier tome de Millénium (oh oh !) et pas encore commencé le deuxième, alors j'ai juste barboté avec le marcassin en scandant des slogans de manifs et autres chansons enfantines. Et non, toujours pas à l'école celui-là... ça fait 4 semaines... Eh oui, je sais, moi aussi ça m'inquiète... Et sa familiarisation à la lecture et à l'écriture ? Et s'il était à tout jamais handicapé dans son développement intellectuel en raison de ces quelques semaines de relâche ? Je veux dire, si ça avait été LE moment ? Un peu comme quand on est en train de couver et que si on boit un verre de pif pile au moment de la connexion neuronale X ou Y ça y est, on accouche d'un dégénéré alcoolique repéré à la crèche comme hyper-violent et suivi jusqu'à sa majorité par les services sociaux, et du coup les campagnes de prévention sécuritaires nous enjoignent à ne plus boire UNE SEULE GOUTTE pendant 9 mois, ce qui peut parfois s'avérer difficile, mais c'est une autre histoire. D'ailleurs, en tant que mère de classe moyenne supérieure angoissée pour ma progéniture, j'ai décidé de lui faire faire des lignes d'écriture pour le maintenir à niveau, et qu'il arrive en CP en septembre prochain en ayant de l'avance sur le programme scolaire. Après avoir écrit des suites de syllabes, il a donc recollé les mots "manifestation" et "grève". Puis il a subitement décidé que ça suffisait de jouer à la maîtresse.
Sinon, il m'est également arrivé une histoire cocasse. Oh oui. C'est le mot.
Previously, on Lost in Martinique : on se souvient que je ne fais pas que glander lors de la grève générale, je fais aussi de la couture. On se souvient que je suis également une chômeuse prenant à cœur mes obligations vis à vis du service public qui n'en demande pas tant, et que donc j'avais écrit un projet pour rejoindre une institution de santé publique locale en baragouinant une sombre histoire de salaire au rabais - que j'avais réévalué sur le projet écrit... End of the récap'.
Donc figurez-vous que le vendredi 13 dernier - oh oh oh, tremblez pauvres mortels ! - en pleine grève générale, j'ai eu un rencard avec l'institution concernée pour discuter de mon projet "cancer du col de chemise". Et bien c'est dans la poche comme dirait le kangourou (ou le manicou, pour faire plus local) ! Incroyable. Genre un contrat qui débute le 1er mars ! Alors ce matin, hop hop, me voilà toute pomponette à partir au boulot, sous les ricanades du roux gréviste qui s'anticipe des bons fous-rires rien qu'en m'imaginant me lever tôt tous les jours pour partir bosser. Comme quoi je dois apparaitre à mes proches comme une grosse feignasse. Etrange... Bref, donc me voilà partant la fleur au fusil et l'ordi sous le bras (pour faire la fille motivée !), rayonnante telle une chômeuse de longue durée à qui on donne un "CDD de 6 mois renouvelable". Bon, après, quand je suis arrivée là-bas, le chef n'y était pas et a appelé pour me dire que non, je ne commençais pas aujourd'hui, rapport à la grève et tout et tout, qu'il m'avait dit qu'il fallait que j'attende d'être contactée et que du coup il m'appellerait, probablement pour commencer la semaine prochaine. J'ai rien dit sur le fait qu'on n'avait jamais parlé de se recontacter avant le 1er mars, mais j'ai souligné que j'avais appelé le matin même la secrétaire pour m'assurer que tout fonctionnait normalement. Bref, on va pas se fâcher avec le chef quand même, mais l'essence en ce moment, c'est de l'or noir, alors bon, je veux bien qu'on applique la "conduite cubaine" dans les descentes [passer au point mort] - mais à chaque descente sa montée, et pas des moindres... - mais faut limiter les déplacements inutiles.
Bref, une dernière semaine de glandouille - la grève générale a été revotée cet après-midi, donc prolongation des festivités, mais retour de l'essence demain ! - avant la vie active ! Je suis ravie, le boulot a l'air vraiment intéressant, l'équipe aussi, le salaire est honnête et j'aurai même des tickets-resto !!! Gros délire quoi. En plus, y'a des ouvertures potentielles pour la suite. Une chouette aventure en perspective.
Yihaaaaaa ha ha haaaaaa !
PS : avec tout ça, les ass-dicks malditos me doivent à ce jour 3 mois et 10 jours d'indemnités. Juste avant la grève, ils m'ont téléphoné : ils avaient retrouvé mon dossier, étaient prêts à aligner la tune mais avaient perdu mon RIB. Puis, l'aporie administrative : ils ne pouvaient le noter par téléphone, m'ont demandé de l'entrer par le service téléphonique général ou internet, et bien entendu, ni l'une ni l'autre de ces options n'est réalisable. Patience... Le pactole, le pactole !!!
