24 juin 2009
Palme d'or du harcèlement existentiel !
Le concours, le concours !!!! La chenille, la chenille !!!!
On a donc eu les résultats ce matin.
J'ai assuré comme une bête.
J'ai reçu la palme d'or de l'infirmière du futur ! Classée 1e.
Ça m'a fait un choc ! Quand même ! Et ce qui était surtout marrant, c'est que le copain que j'avais rencontré dans le concours et avec qui on s'était bien marrés, a été classé 2nd. On est vraiment trop des champions. We are the champions my friends, ouh ouh. Clap clap clap, applaudissement du public.
Bon, mais ça ne veut pas dire qu'il ne reste qu'à faire les formalités d'inscription et se lever tôt le 7 septembre venu. Non, ça ne veut pas dire ça. Pourquoi ? Car au cas où on l'aurait oublié, la vie n'est pas un long fleuve tranquille, et quelqu'un de haut placé a décidé de jouer avec mes nerfs (et ma destinée). Et cette personne là (et barbue), elle doit bien rire depuis une semaine...
Donc, si vous avez lu attentivement le post précédent, vous aurez décelé un certain relâchement dans la croyance en l'amour éternel et le prince charmant (et roux). Ok, Ok, ça ne date pas de la semaine dernière. Bref, le couple ayant ses limites que les aspirations personnelles franchissent trop allègrement, nous nous sommes vus séparés, de plus en plus, par nos envies, nos projets, nos priorités. Ou plutôt, nous n'avons plus été tenus ensemble par des projets communs. Ça revient au même vos me direz, c'est un peu comme l'histoire de la poule et de l'œuf. Alors pourquoi je vous raconte mes histoires de fesses ? Parce que, indeed, ça a à voir avec la choucroute / it has to do with the chukrut.
LA question centrale [la it-question comme ils diraient dans Elle magazine... mais faudra qu'on en reparle une autre fois parce que là, l'heure est trop grave pour une digression sur ce que je pense de Elle...] est donc devenue : Est-il possible de vivre seule avec un enfant au pays où la vie est plus chère tout en faisant une formation aux horaires loufoques voire décalés ?
- Mais bien sûr ai-je répondu dans un premier temps : appart + voiture + garderie + école + centre aéré + baby sitter; tout ça réglé au poil = la victoire en chantant !
Ensuite j'ai cherché des annonces de logement et j'ai enquêté sur l'école du quartier de l'hosto, et j'ai mis tout ça dans la balance. J'ai repensé aux pratiques éducatives autoritaires de l'école des enfants et à la réputation de casse-bonbons intransigeants de l'école de fermières. J'ai aussi envisagé toutes les situations communes de couilles dans le potage : grève générale, grève de l'école, grève des pompistes, grève de la baby sitter, gamin malade, moi malade, stage à l'autre bout de l'île, etc. Et là, ça ne penchait plus aussi fortement du côté vida loca-tropical.
Je vous épargne mes interrogations permanentes des derniers jours, avec changement de fusil d'épaule à chaque instant, un vrai entrainement commando ! J'ai même failli vous faire une liste des pros/cons pour avoir vos avis, mais je me suis dit qu'on était pas vraiment dans Qui veut gagner des millions ? [surtout avec une carrière d'infirmière en jeu...] avec le 50/50 ou l'avis du public...
- ...par contre j'ai appelé ma mère ! Et elle avait un avis assez tranché sur la question : Viens ma fille, viens vivre à côté de chez nous qu'on s'occupe de ce lovely marcassin quand tu en auras besoin, pour ta formation, tes stages en horaires décalés, tes soirées médecine et tes week-end tequila entre potes. Et bien que je ne sois pas très "famille", ça m'a parlé.
Et après mille tergiversations (et l'attrait des loyers accessibles, des offres de la ville pour l'enfance, et ma mère faisant miroiter Emmaüs et Ikea...) j'ai opté pour la voie de la raison : le regroupement familial.
On a donc informé le marcassin hier soir de cet état de fait. Il a eu des questions enthousiastes et très étranges : "ça veut dire que je vais avoir un troisième papa ? et il faudra que je fasse trois cadeaux pour la fête des pères ? Mais maman comment tu vas faire si tu as un bébé dans ton ventre pour t'occuper seule de deux bébés ?", et d'autres plus appropriées. Par exemple, ce matin, inquiet, il a demandé qui allait garder la PSP. (Et c'est vrai d'ailleurs qui va la garder ?)
Et dans la matinée, alors que je m'apprêtais à acheter nos billets d'avion, bing, j'apprends que je suis classée prems !? C'est-y pas un coup du sort, coquin de sort, oui !
Car comble de la lose existentielle : le CHU de Tours n'organise un recrutement qu'à l'automne pour une rentrée en février, donc mes résultats de concours de cette session ne seront plus valables. Il faut que je repasse le concours ! La Croix Rouge recrute actuellement, mais n'ont pas l'air chaud-chaud pour accepter des candidats extérieurs. Je leur enverrai quand même un petit courrier dès que j'aurais mes notes.
Donc, résumons les faits :
- youhou, je suis trop forte en concours de fermière (tellement que j'en passe deux par an)
- youhou, je déménage à nouveau outremer (mais juste une fois par an)
Et là est arrivé le facteur...
Et là, Emmath s'est à nouveau illustrée en tant que grande visionnaire devant l'éternel !!!
Mais pour ça, attendons demain que j'illustre de quelques images... Suspens !!!!
Bonne nuit (qui porte conseil, patati, patata).
16 juin 2009
Lou concoursou !
Ahhhh,
faut que je vous raconte quand même !!!
C'est pas tous les jours que je prends la route à 6h du mat' pour aller passer un oral à 7h, hein.
Bon, alors voilà, ils nous ont enfermé dans une salle, tous 30 que nous étions, et nous ont appelé 5 par 5. On avait tous le même sujet alors pas moyen de s'échapper de la salle, sauf pour faire pipi quand même. J'avais de l'eau et des biscuits et des bonbons au gingembre de la bonne fortune, et les bouquins de préparation au concours, et surtout le pote que je me suis fait sur internet et à l'écrit qui passait ce matin-là aussi, donc on s'est mutuellement entrainé en attendant, chuchotant des questions pièges digne du plus pervers des jurys.
Bref, j'ai bien fait d'être aussi prévoyante et équipée, car je suis passée dans le dernier groupe, vers 11h. Argh.
Alors hop, hop, un sujet sur la drogue, les filles qui consomment de plus en plus autant que les garçons, vers la parité dans la défonce, "qu'en savez-vous, qu'en pensez-vous ?". Bon alors, honestly, ce que j'en savais personnellement, valait mieux pas que je leur en parle, parce que ça aurait fait bis repetita avec l'oral de juin 1993, alors que, quand même, j'ai mûri dans ma tête en 16 ans. Un peu.
Donc j'ai fait mon petit exposé joli, tatati, tatata. Là ils ont quand même insisté avec "mais VOUS, vous en pensez quoi, VOUS ?", ce que je trouvais profondément con comme question, puisque je n'en pensais rien et je n'allais pas leur dire un truc bateau du genre "la drogue c'est mal !", "ah les jeunes, quelle tristesse !, "vive la parité", ou autre.
Bref, après on a enchainé sur ma vie, mon oeuvre. Mes motivations, papoti papota.
Je me suis trouvée convaincante, à donf, mais j'ai été honnête aussi sur certains trucs, donc si ça les dérange, c'est cuit. J'ai même ultra assuré sur la question sur mon projet professionnel "Comment vous projetez-vous à 5 ans, 10 ans, 15 ans..." grâce à mon poto quelques minutes avant qui m'avait posé la même question piège et du coup j'avais eu le temps d'élaborer une réponse du feu de Dieu. Bahhhh, maintenant, advienne que pourra.
Enfin, cette épine du pied ôtée, me voilà plongée à nouveau dans les affres de l'indécisionite aigüe. Il va falloir prendre des décisions, et les bonnes. Donc je tourneboule tout ça dans ma tête jour et nuit, et c'est un peu l'angoisse.
Que faire, que faire, que faire ?
Faire l'école ici ? Faire l'école en métropole ? Comment s'organiser quand on commence les cours à 7h du mat', qu'on finit potentiellement les stages à 22h, que l'île est un embouteillage géant, que le couple est une relation à durée déterminée dont la date d'expiration coincide avec la rentrée scolaire...
Bref, des questionnements.
Bientôt des solutions.
Bzzzz, Bzzzzz
09 juin 2009
1,2,3,4,5,6,7... all the chickens go to heaven.
Let's get emotional
Un étrange odeur flottait depuis quelques jours.
Une odeur écœurante et qui nous rappelait vaguement quelque chose...
On a soupçonné un arbre en pleine mutation odorante [fût un temps où je voulais vous faire un post sur le fromager en pleine pollenisation qui puait du bec et nous polluait la vie, mais j'ai eu la flegme, alors pas de lien actif. Ce sera pour l'an prochain], on a repensé à l'invasion des asticots, donc a une bête morte quelque part. On a même soupçonné la douce chouche d'avoir planqué son butin quelque part.
L'odeur empirait, mais contrairement à l'épisode "dead rat above your head", elle était plus forte dehors que dedans.
Finalement le roux a farfouillé dans les fourrés et a découvert le pink poteau : une vieille carcasse plumée !
Pouuuuuuuuuuule !!!!
C'est qu'on l'avait oubliée aussi ! Déjà bien 15 jours qu'on ne la voyait plus errer à longueur de journée, qu'on ne retrouvait plus ses crottes sur la table de la terrasse ou qu'on ne la surprenait pas dans la cuisine, le bec dans les croquettes de la chouche. Normal, en fait.... elle était morte.
On ne saura jamais de quoi. Attaquée par la chache vengeresse ou autre bête nocturne ? Décédée d'un arrêt cardiaque dû à une mauvaise hygiène de vie ? Empoisonnée par un mari jaloux ? Morte des conséquences prévisibles d'une grève sèche en plein mois de juin, toute à son couvage pathologique d'oeufs ? Sans autopsie, pas de réponse. Le mystère of the dead chicken reste entier.
Poule
A l'heure d'écrire ton oraison funèbre je me sens bien démunie. Nous ne savions que peu de choses de toi, tu étais peu causante. Arrivée dans le quartier lors du cyclone Dean, tu avais été emmenée par la tornade tourbillonnante et t'étais écrasée dans le jardin du voisin. Dans tes errances, tu avais fait de notre jardin ta maison, t'aménageant des nids en plusieurs lieu au hasard des cycles de ponte. Lors de la grande grève générale, tu as su donner de toi-même et te montrer généreuse avec tes proches. Poule, solide comme un roc. On pouvait toujours compter sur toi en cas de coup dur.
Comment, en cette heure tragique, te rendre le juste hommage que tu mérites ?
En jetant ta dépouille en décomposition de l'autre côté du grillage du fond du jardin. Ainsi soit il.
Rest in peace la poule !
PS : A J-pas beaucoup avant l'oral de fermière, je n'exclus pas qu'il puisse s'agir d'un acte de vaudouisation visant à me lobotomiser à distance, via dépouille poulesque. En cas de mort cérébrale temporaire vendredi à 7 h du matin, je considérerai Zelapin comme ma suspecte #1.
07 juin 2009
Work and Roll (avec un clip qui tue) !
Déjà ? Ben oui !
Oui, parce que quand même, j'ai oublié de préciser que le Roux, bien entendu, était une fois de plus un peu fâché par la situation, rapport à l'accumulation de garageries à chaque débarquement de copines. Et on le comprend, même si on y était pas pour grand chose. Et tout bien réfléchi, c'est pas les emmerdes de voitures qui manquent. Par exemple, là, en une semaine :
- y'a une valve de pneu qui a merdé et le pneu s'est dégonflé, donc re-la galette de Pont Aven, donc détour par le réparateur.
- Y'a les phares arrières qui se sont éteints, grillés tous les deux.
- Y'a le fusible des clignotants qui a rendu l'âme.
- Et finalement hier matin, la batterie ha muerto. Jodido che ! D'autant qu'on avait une super fête avec champ' et piscine à l'autre bout de l'île hier soir, donc ni une ni deux, on s'est improvisés mécanos de la générale, et depuis, tout roule. Jusqu'à nouvel ordre.
Et puis, historiquement, si on se repasse les meilleurs moments des aventures automobiles, on n'est pas en reste non plus...
- Ma première voiture - qui n'avait plus de marche arrière et qu'il fallait pousser... - et l'accident à Berlin (100% responsable !). Le rapatriement en avion 1e classe avec mes 2 copains (et arriver à Lyon pile le soir du concert de D.I.) et le retour quelques mois plus tard, une fois les partiels terminés, pour terminer le voyage en passant par Maastricht, puis Paris (pour le concert des Beastie Boys et de NOFX)
- La même voiture qui perd un boulon dans la boite de vitesse à la frontière espagnole dans un bled de montagne, un jour férié, et rester bloqués à 3 pendant 3 jours et 2 nuits entre hôtel et resto...
- Le motard qui avait fait un mysti-flip au-dessus de la voiture de la Sof alors qu'on partait à l'assaut de la capitale, et le pare-choc que j'ai un peu amoché en décrétant que bien sûr que je peux conduire bourrée (hum hum).
- Et bien sûr, dans un autre registre, la Sof semant les flics sur une route de campagne un matin, après avoir grillé un feu, pour aller suivre des cours à la fac.
[*alors là, grande marrade ! Je ne pensais jamais retrouver cette vieille chanson pourrie que j'avais enregistré pour Lutsi sur une compil' des tubes boliviens 2002 (?). Internet, gloire et beauté... Bon, quand je vois le clip, je me dis que je crains un peu en fait, c'est peut-être pour ça que je ne poste pas SI souvent... Ici, on appelle cette chanson "la chanson de la sieste de papi", rapport aux siestes du dimanche devant le départ du grand prix.]
Bref, la voiture, c'est n'importe quoi, dis-je alors que je viens d'offrir Need for Speed Undercover au Roux pour son anniversaire. Crissez, pneus. Hurlez, sirènes. Avec ça, on ne va jamais regarder la 2e saison de Dexter ! Bon, parce que c'est ça aussi qui m'a mis dedans question assiduité du blog : Dexter ! Ahhhhhhhhhhhhhh. Grande découverte des 10 derniers jours et bonheur-bonheur. J'adore, ahhhhhhhhh. I'm so in love...
Bon alors sinon, je me prépare vaguement pour l'oral de fermière. Je me parle toute seule, je me présente, je nomme de façon très spontanée mes qualités et mes défauts, mes motivations, mon parcours. Bref, je fais ce qu'il faut. Plus ou moins. Mais j'avoue que j'ai un peu perdu la foi dans cette idée de reconversion quand popol-emploi m'a indiqué qu'à partir du 6 juin je n'avais plus droit aux indemnités (donc pas de possibilité de financement de la formation) et que simultanément, j'ai rencontré des gens enthousiastes, sympas, ouverts et prêts à m'ouvrir les portes de leurs projets de recherche (donc revenir à ce que je faisais précédemment). Bon, forcément, quand on parle recherche publique, ça sent souvent des dessous de bras, donc au début on m'a proposé de bosser sans être rémunérée puisqu'il n'y avait plus de budget (mais qu'il y avait du boulot à faire). J'étais saoulée, d'autant plus que je lis actuellement "Les intellos précaires" de Rambach et Rambach, et qu'on est en plein dedans. Mais le sujet étant intéressant et les gens aussi, et vu que objectivement, je n'ai rien à faire de la journée - à part glander sur fesse de bouc, qui ne figure pas dans mon CV - j'ai dit OK. Et finalement, ça s'est concrétisé en petit contrat de 2 mois ! Youhouuuuu. De là, reste à construire des réseaux pour mettre en place d'autres projets de recherche et décrocher des financements. Donc une chouette dynamique qui se met en place, mais énormément d'incertitude quant aux mois à venir après l'été. Mais youhouuuuu, super happy parce que la recherche, c'est chouette. [argh, coupez-moi la tête, j'en ai marre de changer d'avis tout le temps !!!]
En attendant, ma conseillère popol-emploi m'a indiqué que Mr Popol lui-même recrutait, et que "la Guyane est une terre d'opportunité" ! Ni une, ni deux, me voilà postulant en ligne pour devenir conseillère en insertion professionnelle (le comble quoi...). On pouvait choisir 3 départements de prédilection et les ordonner. Bien chauffée par ma conseillère, j'ai cliqué sur la Guyane-terre-d'opportunité en second. Avec ma veine, je vais me retrouver à tenir le bureau popol-emploi sur pilotis, à 100 bornes en amont du fleuve Popoyanok, à inscrire les indigènes guayakil débarquant en pirogue pour qu'ils puissent toucher leur RSA le temps que je leur dégotte un contrat d'apprentissage en plomberie. Bon, ceci dit, ça me ferait bien marrer. Je ferais des photos, y'a intérêt à avoir l'ADSL là-bas...
Ah oui, j'ai aussi fait un dossier en ligne pour le rectorat. Genre, pour remplacer des profs absents en lycée ou ailleurs. Alors que ce soit clair, je n'ai pas du tout les diplômes attendus. Mais ce qui est marrant sur ce site, c'est que c'est porte-ouverte. On a un peu l'impression d'être au supermarché de l'éducation, on peut choisir les matières qu'on veut enseigner, où, quand, etc. Donc allez, je me suis auto-décrétée apte à enseigner les sciences économiques et sociales (quand même !), la philosophie (euh... j'ai eu 5/20 au bac, mais ça, je ne leur dirait pas. "L'imprévu était-il imprévisible ?", ça ne m'avait pas trop inspiré à l'époque, mais je me vengerai), et l'histoire-géo. Faut pas être rat, hein !
Et un truc marrant que j'ai oublié de vous raconter. Le concours de fermière, je l'ai passé y'a 16 ans... En fait, ça m'est totalement sorti de la tête entre 1993 et 2008. Poussée par mes parents qui voulaient que je sois infirmière (et flippaient de me voir m'inscrire en sociologie et faire gréviste à la fac puis chômeuse en fin de droits), j'ai passé le concours de la Croix rouge les yeux fermés, sans vraiment me préparer ni savoir ce qu'était une infirmière. L'écrit s'était bien passé. Vint l'oral :
- Un proverbe africain dit : "Quand un vieux meurt, c'est une bibliothèque qui brûle", commentez.
Et là, ça me saoulait cette histoire de parler des vieux, je trouvais ça naze comme proverbe. Mais bon. Alors je leur ai parlé de l'époque où j'ai vécu dans une maison de retraite, et que j'aimais bien prendre l'ascenseur avec les vieux, qu'ils étaient sympas, et euh, ben voilà. Bon, j'ai eu 4/20 et j'ai donc été m'inscrire à la fac sans plus jamais y penser. S'ils me refilent le même sujet à l'oral vendredi prochain, je vais vraiment rigoler. Je ne leur parlerai peut-être pas des vieux de l'ascenseur quand même... ni de cette première tentative avortée.
Mais s'ils m'acceptent à l'école, je fais quoi ?
05 juin 2009
Absorber le retard, en vrac 2/2
Edit de quelques heures après : Sur demande de Laurence qui a raté M6 Turbo dimanche dernier, insertion des images de voiture ! Vroum !
Oui, bon.
Alors, je dis "absorber le retard", et finalement je fais ça en retard, alors je ne sais plus trop quoi dire. Alors reprenons brièvement (c'est possible ? - edit de fin de rédaction : non c'est pas possible, sorry) :
- La copine, le déluge, les ti-punchs, des éclaircies et enfin l'occasion d'aller faire les couillonnes à la plage avec le loucheur.
- Je vous épargne les combinaisons diverses : déluge + plage (+ ti-punch) ; ti-punch + pluie + tests de psychologie magazine; pour me concentrer sur le G-spot de cette semaine. Mais pour ce faire, un petit flash-back au mois de mars est nécessaire. Suspens, suspens...
Le flash back
Quand pendant la grève générale de février-mars et dans une nuit d'émeutes la Sof est venue en vacances, nous avons profité du retour de l'essence pour vadrouiller à l'autre bout de l'île.
Après une matinée à kayaker sous le cagnard et à tremper dans l'eau brûlante, nous roulions en direction d'une distillerie pour nous réhydrater quand un voyant s'est allumé sur le tableau de bord. Puis de la fumée en est sortie. Nous nous sommes arrêtées sur le bas-côté, avons ouvert le capot et attendu que le glougloutement cesse pour remettre de l'eau. On était parties pour une longue attente, rapport au soleil de début d'aprèm qui risquait pas de refroidir le moteur... Quand St Christophe, veillant sur la vieille polo du Roux, s'est incorporé en Alain et est apparu à nos côtés.
Il habitait juste là (de tous les endroits possibles de la Martinique).
Il était garagiste (de tous les métiers imaginables).
Il était disponible (malgré son projet initial de sortir de chez lui pour trouver à manger - la grève...).
Et il était compétent ! Après deux heures sous le capot, il avait découvert que ce n'était pas un simple manque d'eau, mais qu'une pièce avait pété et que de toutes les pièces susceptibles de péter, celle-ci était inutile en milieu tropical (rapport au risque proche de zéro de voir l'eau geler. Quoique dans Lost, ils ont l'ours polaire, mais bon ils ont chaud quand même...).
Et ceci dans la joie, la bonne humeur et la rougeur pour Sof qui ressemblait ensuite à une écrevisse géante.
La "chance dans la malchance", le "bol de cocu", le "cul bordé de nouilles" et autres joyeuseté imagées de la panne de voiture.
Allez, deux petites photos pour faire la transition vers l'anecdote en question du début du post. Une pose classique de la colombienne devant la caméra et une imitation du méchant dans le film Anaconda. Des classiques des vacances avec la Sof - mais qui n'ont rien à voir avec le fond de ce post, que ce soit bien clair...
Fin du flash back.
Le flash front !
... donc, que s'est-il passé lors du séjour diluvien de la Moute alors que le Roux était dans la ruralité profonde et nous avait confié sa voiture pour les jours où y'aurait pas de glissement de terrain ?
On s'est bugné un scooter, pardi !
Merci au groupe de Gospel chrétien intégriste qui nous a fait fuir de
Saint Pierre AVANT de boire l'apéro et a donc permis un alcootest nickel. C'est donc en nous repliant sur la commune voisine que le jeune-sans-casque-ni-phare, non-assuré et roulant-sur-la-voie-de-gauche nous est rentré dedans. C'était pas le moment de faire des photos alors on a gardé notre sérieux. La situation était très confuse et je ne connaissais pas le numéro d'urgence de la police. Notre accidenté passait plein de coup de fils en créole et sans articuler, ne voulait pas de secours, mais perdait ses dents et était bien secoué. Les pompiers sont finalement arrivés, on s'est tous mis à l'écart de la route, et pendant qu'ils s'occupaient du scootiste, des amis à lui sont venus et ont embarqué sa bécane ! On s'est retrouvées à attendre les gendarmes, sans blessé - emmené à l'hôpital - et sans scooter...
Quand les hommes en bleu sont arrivés, j'ai fait mon majestic alcootest et ils nous ont fait un sketch digne du gendarme et des gendarmettes à St Tropez : pas sérieux du tout, ultra bordélique, mais rassurants malgré tout. Il manquait probablement des histoires de fesses, mais j'ai jamais vu le film donc, objectivement, je ne sais pas si ça avait à voir.
Au réveil, on a découvert que la jante était tordue, donc on a installé notre galette de secours, une fausse roue fourrée de crêpes au sarrasin jambon-œuf-fromage. Et le dimanche matin, on a été convoquées à déposer plainte à la caserne... Là aussi, on s'était promis de faire des photos dans le commissariat, mais on n'a pas osé.
Alors que j'étais avec le jeune flic culturiste et consciencieux, Moute a décroché el pompono ! Le gendarme cinquantenaire, célibataire, finement moustachu, raciste ("vous savez, ces gens-là..."), fatigué de sa mission dans les îles, et surtout, très sûr de lui. Elle est donc repartie avec un post-it sur lequel il a griffonné son numéro de téléphone, avec une promesse de retrouvailles à Garches cet été, un tas de clins d'œil et sourire complices. Et puisqu'il avait ses coordonnées, rapport à la déposition, elle a reçu un SMS à son retour en métropole...
Bref, l'assurance a mis 4 jours à nous dégoter une Clio de rechange, qui est tombée en panne quelques jours après. On a donc changé pour une Symbol. Au début je croyais que c'était une Logan alors je faisais que de frimer que la Logan c'était trop la classe, en disant que y'avait marqué Symbol dessus, mais que c'était le nom français pour les Logan. Je ne sais pas d'où j'avais tiré cette théorie mais j'y croyais grave alors que je n'y connais rien du tout en voiture. Enfin, c'est ça les convictions... Bref, après j'ai accepté l'idée que c'était une Symbol et un point c'est tout, mais j'ai adoré, quelle tenue de route, quelles accélérations, ahhh.
Bon, après deux semaines on a récupéré la Polo - qui a frôlé la mise en épave ! glurps !!! - toute belle et réparée. Les gendarmes chez qui il a fallu retourner avec le Roux ont retrouvé le scootiste et le connaissaient déjà bien - ce qui fait que quand on voulait prendre de ses nouvelles on avait droit à des réflexions réac' sur "ces gens-là" qui ne demandent qu'à retourner derrière les barreaux, "ici, vous savez...". Un genre d'ethno-complicité implicite plutôt désagréable, parce qu'on ne se sentait ni complice des gendarmes, ni des jeunes cons en scooter. Bref, il se trouve que feu-le-scooter n'appartenait pas à notre gars, mais était assuré. Youhou.
Voilà pour nos aventures voituresques et le récit des aventures de la Moute en Martinique.
Pour les revirements professionnels, ce sera au prochain coup, parce que là, le post à rallonge, ça va bien ! Non mais oh !
Allez, à très vite (on y croit fort !).*
*et merci pour vos commentaires, ça me fait bien rire de vous répondre !






