Pfff

...j'ai tellement honte, je n'ose même plus venir ici.
Mais si c'est pas moi qui viens, c'est qui, hein ? et à chaque remontrance de mes lectrices favorites, je me recroqueville un peu plus face à l'ordi. Alors ça suffit, I'm back.

Surtout qu'il s'est passé des trucs amusants recently.

Déjà, ce matin, je me suis réveillée avec un rêve étrange et très réaliste : ma mère de 67 ans, enceinte, allait accoucher à l'hôpital, on la rejoignait avec ma sœur dans sa chambre et on se jetait dans ses bras pour la féliciter, genre les larmes aux yeux. Puis j'allais voir le bébé - gros et moche - que quelqu'un lavait dans un lavabo, et j'étais super contente... et là, j'apercevais son prénom, Ropierrick !
Et là me sautait aux yeux tout l'absurde de la situation : Ma mère enceinte, le bébé moche, le prénom ridicule.

Ah, à propos de prénom ridicule, je connais quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait quelqu'un (c'est bon là, on a préservé la confidentialité du patient ?) qui est une toute petite fille qui s'appelle Ejaculine. Sympa quoi, et pas stigmatisant ni vulgaire pour un sou.

Pour continuer dans les thèmes prêtant largement le flanc à de hasardeuses interprétations psychanalytiques dont on se passera bien, laissez-moi vous conter la dernière du marcassin :

L'autre jour, into the rush de la préparation matinale, on voulait tous les deux aller aux toilettes en même temps. Grande princesse, je lui cède la place en lui urgeant de faire fissa. J'attends derrière la porte : 10 sec.... 20 sec.... 30 sec.... 40 sec.... toujours pas de bruit approprié. Je pousse la porte, et je surprends le marcassin (marcacrin, pour les fans des Pokemon) debout devant le trône, le zizi dans une main, une bouteille dans l'autre.
- ben ??? [perplexitude saisissante de la mère]
- Pffff...
[terrible déception de l'enfant, genre 't'as tout gâché' un peu comme si j'avais débarqué dans la chambre en pleine préparation secrète du cadeau de fête des mères... ce qui n'augure rien de bon !]
- Mais qu'est-ce que tu fais ?
- Pffff...
- Bon, file te préparer, on en reparlera après. Là on a pas le temps.

Et c'est vrai que 1. on n'avait pas le temps, mais surtout que 2. ça faisait plusieurs jours qu'une bouteille en plastique de couleur verte trainait à côté des toilettes. Je m'étais vaguement dit "l'enfant a eu soif et il l'a oublié là". Et je l'avais laissée, au cas où. Donc je récupère ladite bouteille, au tiers pleine d'un liquide tiède sur le dessus et froid en dessous... Je la vide, la rince, la jette :
- ...parce que celle-là on ne boira plus dedans. Pourquoi tu fais pipi dans la bouteille ?
- Pffff...
- Je ne veux pas te gronder, je veux juste comprendre
. [tout cela sur un ton très neutre et non normatif !]

Ce jour-là je n'ai pas eu droit à une explication,
- ...parce que tu vas vraiment me gronder !
-  en même temps, je risque de te gronder bien plus si tu ne m'expliques pas.

Et l'heure tourne. Hop à l'école et le soir chez mes parents, et donc le lendemain, heure de vérité. Il a fallu que je le rassure, que je l'assure de ne pas le gronder, que je lui dise combien les idées farfelues étaient parfois formidables, qu'il n'y avait rien de tel que l'esprit scientifique et les expériences en tout genre. Tout ça pour qu'il me dise que ça faisait quelques jours qu'il faisait ça, qu'il voulait "remplir la bouteille comme ça, juste pour voir". Rien de plus. Pas pour boire, pas pour jeter sur les copains. Ouf. J'avoue que si j'avais adoré l'intrigue, j'étais un peu déçue par le dénouement. Mais bon, chacun ses petites expériences secrètes.

J'ai tout de même bien ri (intérieurement) et étais surprise de gérer la situation avec calme, sans irritation ni "mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ???!!!" qui m'aurait probablement échappé avant ma plongée de 4 semaines dans l'univers psychiatrique local... Parce que oui, je suis en stage au HP et même si je n'y apprends pas grand chose, je normalise drôlement les comportements déviants. Alors cette plongée dans la folie est assez ennuyeuse, malgré quelques épisodes délirants plutôt croustillants. Les patients ont un haut potentiel de couillonnade, mais c'est un service bordélique où tout le monde se déteste - entre soignants, entre infirmières et avec les médecins - et objectivement, en tant qu'infirmière, à part donner des cachetons, des gouttes et entraver les patients agités, c'est limité comme prise en charge. Alors comme étudiante débutante, c'est encore pire parce qu'on a une autonomie très, très, très limitée. Ejemplo : j'ai trop déconné lundi dernier quand j'ai joué au petits chevaux avec un patient !!! Le truc de dingue quoi. Je sais, je prends trop des initiatives de ouf parfois. Forcément, je me suis fait taper sur les doigts : "ne jamais jouer aux jeux de société avec le patient sauf sur autorisation du médecin" !!! ah, mais c'est que j'aime vivre dangereusement...comme la fois où, sans le toucher, j'ai dit au monsieur tombé dans le couloir de se relever : "dans ce cas là, viens nous voir pour nous dire qu'il est tombé, ne t'en occupe pas". Bref, je remplis mes journées de peu de choses, tout en ayant l'air perpétuellement occupée, ce qui, en soi, est déjà une occupation à temps plein.

Enfin, pour terminer ce message un peu décousu, il s'est passé un truc magico-bloguesque : la semaine dernière, Loor m'a retrouvée !

Loor, c'est ma première meilleure copine de chez copine ! On avait entre 15 et 20 ans, on était souvent trois (alors Delphine, à toi de nous retrouver maintenant !) et c'était le temps des premières fois... Les premières cuites, les premiers joints, les premiers voyages en stop pour camper à Amsterdam (et faire semblant d'aller visiter le Rijsk museum pour faire croire à mes parents que c'était un voyage culturel...); descendre d'une voiture, sur l'autoroute, au milieu de nulle part, pour aller manger des fraises à même le champ dans la campagne hollandaise ; les premiers festivals, les concerts, les premiers cubis de rouge aux Eurockéennes, les premières vacances à l'arrache à dormir devant les gares et dans l'encadrure des magasins, se faire héberger au hasard aussi ; le stage de survie de la Croix Rouge et les vacances à Cannes à dormir sur la Croisette...  Et pour tout vous dire Loor a fait pipi dans sa culotte un jour de fou-rire sous la tente sur la côte belge.

Avec ma soeur, on s'est toutes trois imaginées mille fois voyager à travers le monde, librement. Loor vit aujourd'hui en Afrique après avoir navigué pendant deux ans, Lutsi est au Japon, et moi coincée à Tours avant un nouveau départ. Sans hésitation.

Et tant qu'on y est, je me souviens d'une nuit avec Loor, bien avant les premiers mecs, où je lui avais demandé, dans l'intimité des confidences nocturnes :

- Et t'as jamais pensé à avoir une histoire avec une fille ?
- Non.
[ferme et définitif, puis silence, fin de la conversation]

Comme quoi, Loor c'était pas la copine de toutes les premières fois non plus... Mais allez lui rendre visite, elle fait des chouettes trucs en couture et c'est une sacré rigolote ! Maintenant, à défaut de vieilles photos de 1990-1993, hé hé, un tube de Def Leppard (choucroute powerrrr !) au concert hommage à Freddy Mercury à Wembley en 1992, parce qu'avec Loor, on a regardé ce concert des dizaines de fois (et qu'après, je me suis même acheté une K7 - et oui... - de Def Leppard que j'ai jamais écouté parce que c'était trop nul, même si le chanteur était trop beau (dixit 1992...).

A bientôt !