Le truc totally incredible : un post !

Alors on est partis, et on n´a même pas loupé l´avion, j´ai mûri, c´est officiel. Je me suis tartinée, au duty free, de crème au caviar de La Prairie á 500 euros le pot de 50 ml. J´ai par principe eu la main lourde, même si elle puait du bec... Après on est arrivés et à la douane ils ont fait genre c´est qui votre père, alors je leur ai dit c´est Pat, et ils m´ont dit alors votre mère c´est Nini, et je me suis sentie bien démasquée, moi qui pensais voyager incognito... Sur ce, ils m´ont fait asseoir sur un banc et patienter pendant que le jefe de migracão consultait son ordi. Finalement, y´avait une vieille histoire d´amende impayée mais j´imagine qu´il y a eu amnistie et ils m´ont relâchée. Liberté, liberté chérie ai-je hurlé en me jetant sur mon sac qui tournoyait sur le tapis roulant. Et puis à nous Copacabana, au lever du soleil, le pied.

Alors pour résumer : Rio, son charme dévastateur, ses plages de rève, son Cristo qui surplombe la ville, tout ca, tout ca, c´était formidable et magique. On a couru de ci de là pour en voir le plus possible tout en se préservant des demi-journées à la plage avec glaces et bières fraiches. Je n´ai pas investi dans un bikini local compte tenu du peu de temps pour le rentabiliser et de la difficulté à asumer le mois d´août à Palavas en string avec les fesses blanches avec des boutons dessus. Je sais que vous comptiez sur moi pour cette épreuve du feu, je ne suis pas à la hauteur. Bref, sur ce, Belo Horizonte nous tendait les bras et surtout les caïpirinhas, vu qu´on avait des retrouvailles de prévues avec la familia del marcasino. Donc bbq, fête foraine, capoeira et j´en passe. L´important pour la cohérence de ce récit est qu´il faisait, depuis le début, un temps superbe et qu´on s´est donc achetés des super tongs Havaianas avant de filer direction.... la Bolivie !

Alors on avait un premier bus direction Campo Grande, 22h de route, et à l´arrivée, c´était total time chaos. La montre du marcassin et le chrono indiquaient des heures différentes, et le terminal de bus aussi. On n´a donc pas attendu le bus suivant 3h30, ou 4h30, mais bien 5h30 comme disaient les brésiliens, car c´est bien connu, chacun est maître dans sa maison (et le mariage c´est pas la mer à boire, c´est la belle-mère à avaler), et surtout, les fuseaux horaires ne sont pas toujours là oú on les attend. Donc 5h30 à patienter, pourquoi pas. Sauf que... climat tropical + les vents glacés de la Patagonie = froid glacial, glacial, glacial... glacial. Dans le terminal, il n´y avait pas d´endroit pour s´abriter, alors on a déjà commencé humblement par ranger nos tongs, mettre tous nos vetements chauds : un sweat à capuche et un jean ! et sortir les couvertures piquées dans l´avion. On s´est enroulés l´un sur l´autre, glissés tous deux dans le même et unique duvet, et rendus régulièrement se réchauffer sous le sèche-main soufflant des toilettes. A ce moment-lá, on avait encore foi en la Pantanalité (Pantanal, zone tropicale à la frontière bolivienne, à 7h de route), et arrivés le lendemain après une nuit de bus, on a bien été trahis, car le froid était toujours de la partie. On a donc fait nos adieux au Brésil et sauté dans un train non chauffé pour 22 heures de route jusque Santa Cruz de mi corazón... On pouvait ouvrir en grand les fenêtres et les portes en roulant, ca aurait été très amusant, mais on s´est plutôt blottis tels des marmottes voyageuses, et on a bu tous les cafés, tisanes et chocolat que les indigènes voulaient bien nous vendre au long du chemin...

Là, on a continué à avoir froid, et tout le monde clamait que la plus grande vague de froid des 30 dernières années, et patati et patata. On a regretté la plage... Après avoir investi dans des blousons, pulls, sous pulls et legging panthère, on ne craignait plus du tout le froid et en plus on avait la classe, winter´86 en force ! On ne se changeait plus, on dormait habillé, sous des couvertures de taulard grises et rèches et des hamacs dépliés... Finalement du jour au lendemain le froid est retombé et la douce chaleur tropicale est revenue. Plus personne ne parlait de la vague de froid du cinquantenaire, mais plutôt de la dernière loi d`autonomie qui venait d´être votée au grand dam des crucéniens qui n´y trouvent pas leur compte... Ca sentait le roussi et pourquoi pas la grève génerale, alors on a pris la poudre d´escampette. Pour décoder ces dernières lignes, je vous renvoie à la lecture de ce best-seller : passion, drogue et amour á Santa Cruz de la Sierra.

Bref, je vous épargne les nuits dans le bus où par radinerie suprême j´ai pris un billet "de luxe"pour deux et qu´on a passé d´horribles heures l´un sur l´autre, avant que je dorme dans le passage central. J´en viens directement à Copacabana 2e du nom (ou historiquement premier ?), sur les rives du lac Titicaca. Là on y était y´a deux jours, et on a bien cru qu´on allait devoir y rester ad vitam... On allait passer la frontíère vers le Pérou le lendemain, on avait acheté nos billets de bus pour Puno, ville péruvienne, on avait acheté nos billets de bateau pour aller se promener sur l´ile du soleil, il ne nous restait plus qu´à dépenser nos derniers bolivianos en achetant plein de couillonnades et un bon resto. Ce qui fût fait. Jusqu´à 3 h du matin, où réveillée par une petite tourista des familles, assise sur le trône gelé à 4000 métres d´altitude, j´ai réalisé que nous n´avions pas payé l´hôtel !!!! Et qu´il n´y avait pas de distributeur à Copacabana !!!! La panica !!!! C´est donc au cours de notre rando sur le l´ile qu´on a dû sauter sur deux familles de francais qui par solidarité nationale nous ont chacun offert 20 bolivianos, soit 2.50 euros ! avec ca, on a pu revenir fièrement à l´hôtel, payer la cholita qui n´avait pas l´air commode et filer au Pérouuuuuuu...

Ah oui, sinon, marcasino est un compagnon de voyage formidable !!! on se marre tout le temps et il est toujours optimiste et partant pour toutes les aventures. Je lui donne des tas de missions pour qu´il aille parler aux gens et il se fait des amis partout. La dernière fois, il m´a dit qu´on devrait "écrire un livre, qu´on intitulerait L´histoire de V et Z, une histoire pour enfants et adultes où on raconterait tout, un livre comme un dictionnaire quoi, ca durerait neuf mois, et on ferait une petite couverture, et on le glisserait dans les rayons d´une librairie, avec un prix et tout...". Et puis il y a peu, en revenant de deux jours dans un petit paradis tropical en contrebas de La Paz, il me dit : " Parfois, je me demande si toutes ces aventures qu´on vit, c´est pour de vrai ou c´est en rêve...". Maxi-marcassin forever !!!

Voilà pour les dernières news ! Internet c´est un peu foireux donc pour les photos ce sera au retour !

Kikiz. en direct d´Arequipa : miam miam miam !!!