Bien sûr qu'on est rentrés, quand même, rhôoooo !

C'est pas nous ce jeune couple disparu à la frontière boliviano-brésilienne... brrrr....

Mais je n'en pouvais plus de ces claviers étranges donc je n'ai pas pu réécrire depuis l'outre-atlantique (tous les prétextes sont bons), puis j'ai été happée dans le tourbillon de la vie (et de la survie). Enfin je remarque tout de même que personne ne s'est inquiété et n'a lancé un plan hors-sec anti-terroriste. Un peu comme si je vous avez habitué à ne plus circuler sur la blogosphère ni à alimenter mon propre déversoir narcissique. Étrange.

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Lost in CDG.

Enfin donc, je disais, la malediccion, carajo !

Comme il est de notoriété publique, j'ai eu la malédiction des cheveux avant l'été, puisque deux fois de suite j'ai voulu me teindre en brune et je suis ressortie aussi blonde qu'avant. C'était étonnant, et un peu frustrant aussi. J'avais donc bien décidé de profiter de ce voyage dans l'antre de la brunitude pour me laisser pousser les cheveux foncés. Quelle ne fût pas ma surprise de découvrir que pour abandonner la malédiction de la teinture à cheveux, il allait falloir que je me plie aux règles impitoyables d'une autre malédiction, celle des photos... (quel suspens !)

Donc reprenons...

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La garota de Ipanema...Ipanema !!!

  • En juillet, après trois jours de Rio, on en était à 236 photos et je me suis dit : rationalisons et stockons toutes ces images sur la clé USB. Ce qui fût fait, ainsi que toutes les photos de Belo Horizonte. Une semaine plus tard, à Santa Cruz, Bolivie, j'ai perdu la clé USB. J'étais drôlement fâchée, mais la tante du marcassin avait les copies de photos sur son ordi à BH, alors je me disais, un jour... un jour... un mois... une éternité... (Joe Dassin forever !), on en récupérera une copie.

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Congelés au terminal de bus de Campo Grande : sèche-main / réchauffe-tête


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Equipe de foot à Samaipata : une soeur et des copains du jour
 

  • Un mois après, j'ai envoyé 16 photos par email depuis Arequipa, Pérou. J'avais alors plus de 600 photos sur la carte mémoire, mais je ne les ai pas transférées sur la clé USB (que j'avais perdue), ni sur une autre (que je n'avais pas achetée). Par contre je me suis extasiée devant la capacité de stockage de cette carte de 4 giga... hum hum.

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Ceviche au marché d'Arequipa

  • Puis en quittant Arequipa, on s'est fait piquer l'appareil photo avec donc toutes les photos dedans. Ben oui, comme des cons. La nuit, dans un bus, avec le sac entortillé au pied. Ahhh, on n'était pas les seuls, hein, y'avait aussi un couple d'hollandais tout aussi cons que nous. Et puis y'avait plus rien à faire, malgré l'intervention molle de la police. J'étais dégoutée. L'enfant, sage comme une réincarnation anticipatoire du Dalaï Lama, me répétait : "l'important, c'est d'être en vie", ce qui témoigne d'un certain détachement quant aux possessions matérielles et un sens aiguë du dénuement (qui ne se combine pourtant pas bien avec son envie d'acheter, d'acheter, d'acheter, tout et n'importe quoi, mais surtout des trucs avec des écrans ou des lumières qui tournicotent...).

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"Alors, on dirait que j'étais mort attaqué par les dinosaures..."

On avait donc 16 photos qui résumaient notre voyage. C'était peu. En même temps, c'était les mieux. Donc quelle ne fût pas ma surprise dans les derniers jours du voyage de retrouver, dans la doublure de mon sac, la clé USB dont on avait pourtant fait le deuil depuis un bail. Une sorte de résurrection graphique digne de Jésus, ce qui a bien plu au marcassin qui s'éveille à la spiritualité sur un ton séparatiste : "je crois en Jésus, mais pas en Dieu". Enfin là, Jésus, c'était la clé USB, donc je voulais bien aller me faire baptiser. Abracadabra (Amen...).

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Champs de coca à Coroico

On avait donc 16 + 426 photos. Mais la malédiction n'était pas finie :

  • A Nazca, Pérou, nous avons acheté un argentique, deux pellicules et des piles, pour la modique somme de 9 euros, histoire d'immortaliser nos potentielles dernières secondes dans le petit Cessna survolant les lignes au péril de nos vies. Malédiction oblige, l'appareil nous a lâché avant la fin de la deuxième pellicule après que le marcassin l'eut ouvert en plein jour "pour voir les photos", genre.

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Hôtel à Copacabana, celui-là ! (cf le post précédent...)

  • Puis une fois à Lima, l'oncle du marcassin nous a prêté un appareil qui ne cessait de se décharger, ce qui ne nous surprenait plus vraiment, ni ne nous agaçait. On aurait pu croire avoir atteint une éthique du peu, si ce n'était la folie consommatrice des derniers jours.

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Délices péruviens : poulpe, ceviche, etc.

Donc, malédiction des images oblige, je n'ai que peu d'illustration à glisser dans ce post (enfin, si en fait...). Par contre, profitant de la faille malédictionnelle concernant mon état capillaire, j'en ai profité pour devenir brune...

zz

Ah ah ah.

Bon, donc le marcassin a découvert tout un panel d'individus étranges et amusants, de 1 à 83 ans, liés génétiquement à lui et lui vouant amour, affection et tendresse. Il a appris quelques mots d'espagnol et a probablement gagné en débrouillardise et en sens de la répartie.

Quant à moi, j'ai depuis racheté un autre appareil photo pour me convaincre que la malédiction était une vue de l'esprit. Je fais depuis de fabuleuses images et suis toujours aussi fatalement et bouclettement brune, mais étrangement, j'enchaine les coups de couteau de mes (non)-financeurs préférés : compère pôpôle-emploi et compère CAF...

Mais ça, c'est une malédiction matérielle, alors nous, on s'en fout ! (euh...)