Truc de ouf !

On m'a confié une mission de haute voltige : m'occuper du repas du réveillon !

Alors pour planter le décor, le réveillon et moi, on se fréquente de loin. Dans ma micro-famille, on a plutôt tendance à fêter Noël le 4 janvier or so, le temps que tout le monde se réunisse. A la fin, au mieux, on est cinq. C'est notre côté laïc militant, rebelle aussi. Je m'en foutiste, carrément. J'ai même un vague souvenir, ado, d'être allée en boite de nuit un 24 décembre précisément au Tigre à Reims, avec Lutsi et Loor, après que je me sois déguisée en Père Noël pour la petite nièce de Loor qui n'y a pas cru une seconde. Bref, la boite était vide, on s'est fait chier comme des rats morts et on fini sur les pelouses du lycée Clém' à picoler. Y'a aussi le Noël à Paris avec Lutsi où on est allées voir le film de Chomsky, "Les médias et les illusions nécessaires", une perle. Y'avait que nous dans la salle. Après, on a aussi eu des repas en famille, mais pas le bon jour. Y'a eu la fois mémorable où mon père, récemment converti au végétarianisme - par Lutsi alors végétalienne -, était devenu un militant radical anti-viandistes et bien entendu, anti-foie gras. Donc scandale à l'ouverture d'un petit bocal de foie gras pour les ennemis des animaux à coup de  : "je ne tolérerai pas qu'on mange du foie gras sous mon toit !" " euh... mais c'est pas que TON toit en fait..." et autres échanges constructifs. Il avait fini dans la cuisine à manger des graines tout seul alors que le repas se poursuivait, à trois, dans le salon. Les oies le remercient encore.

Cependant, il y a sept ans, la naissance du gros calamar a marqué un recadrage familial dans la tradition de Noël : le jour, le repas, les cadeaux ! On reste néanmoins très élusifs sur l'existence du Père-Noël, s'il a envie d'y croire, ça le regarde. Et il y a quatre ans, coup de théâtre ! La famille jusqu'alors plutôt éloignée - ils sont trois -, a décidé qu'on était une famille tous ensemble et qu'on ferait bien de se réunir pour les fêtes dans le sud chaque année. Donc là aussi ça reste très décousu comme moment familial, on ne sait jamais qui mange quand et quoi, qui sera là, et pour combien de temps. Mais c'est toujours l'occasion de s'apercevoir rapidement, et vu que la côte d'Azur, c'est plutôt pourri l'été, on est contents d'y aller l'hiver et de se pavaner sur la Croisette en vison avec un mini-chien et des Ray-bans.

Mais cette année, l'amoureux - special guest ! -  travaille jusqu'au 24. Donc un premier convoi est déjà parti, mais nous deux, on ne peut rejoindre la farandole que le 26, le temps de faire la route en coupant par les Cévennes. On a d'ailleurs frôlé le mode survivor en partant à moto, mais un dérapage du motard sus-cité sur une plaque de verglas il y a 10 jours a pesé en faveur d'un mode de circulation plus raisonnable. Bref, donc avec cet agenda décalé, je me disais ben voilà, l'enfant est loin donc on s'en fout de Noël, comme d'hab' quoi. Quand soudain, y'a déjà 10 jours, le mec me dit : "Et qu'est-ce qu'on va manger de bon pour le réveillon ?" Moi je croyais que c'était une blague en fait au début. Alors je disais des trucs délires, des dindes aux marrons, des cailles farcies, etc. Mais je me suis vite rendue compte que ça ne faisait rire que moi, puisque pour lui, le réveillon c'est important, et Noël aussi, et le bon jour s'il vous plait, pas le lendemain.

Ah.

Là y'a eu un temps mort, genre "face à de telles dissensions, notre histoire a-t-elle un sens ?". Un peu comme quand on découvre que son partenaire vote Bayrou, mais en bien moins grave (parce que hein, le coup de l'urne, c'est bye bye ! C'est pas pour rien qu'il y a l'isoloir...). Y'avait déjà eu un blanc de ce genre quand arrivés au camping dans les Pyrénées, j'étais convaincue qu'on allait grimper en haut du Canigou et dormir au refuge, alors qu'il était sûr que nous allions glander au bord de la piscine et enchainer les apéros. Ça avait été assez frustrant comme début de vacances, heureusement qu'on est plein de ressources... Donc là, même chose. "Mais tu veux dire que tu veux VRAIMENT fêter Noël ?" avec les gros yeux interloqués. Et les jours sont passés, histoire que j'accuse le coup... Et c'est hier soir que j'ai réalisé que, puisqu'il bosse jusqu'en début de soirée, c'est à moi, et à moi seule, de préparer le repas ! Dingue ces responsabilités quand même !!!

Alors initialement, j'étais plutôt de l'idée, je vais à Carrouf, j'erre dans les rayons et j'improvise. Normal quoi. Et puis la perspective de la foule se battant autour des bourriches d'huitres, les enfants hurleurs autour des Légos starwars, le parking surchargé, les caddies s'entrechoquant, la débauche de bouffe, de luxe, de gaspillage qui auraient vite fait de me couper l'envie de fêter quoi que ce soit m'ont fait opter pour le mode or-ga-ni-za-cao !!!

  1. J'ai réfléchi fort, comparé des recettes, mélangé des idées, fait des listes.
  2. J'ai tout acheté sur un supermarché en ligne et suis allé chercher ma commande en 15 mn
  3. J'ai commencé à cuisiner dès ce soir !!!

Alors au menu, mesdames et messieurs :

  • Cupcakes crevettes + wasabi et cupcakes olives + chèvre et ciboulette. Fait !
  • Roulés de saumon fumé et crevettes au pamplemousse et à la faisselle de chèvre, avec une salade aux noix.
  • Magrets de canard aux fruits rouges, avec galets brocolis et pommes noisettes.
  • Tiramisu aux spéculoos. Fait !

Et toc ! Je suis trop fière de moi en fait, ah ah ah. Enfin reste à voir si c'est bon hein... on n'est à l'abri de rien.

Bon allez, faut que je me lève tôt pour finir ce satané sac à poils dans quelques heures vu que j'ai décidé soudainement que c'était un cadeau de Noël à offrir demain. A qui ? mystère... 

Alors je fais des photos de tout ça, et à bientôt !!!

Et re-joyeux Noël !!!