Découvrez Placebo!

Fut un temps où je ne fonctionnais que par défi.

J'y entrainais volontiers mes camarades qui partageaient les mêmes périodes de lose : "Se taper un mec avant fin mars", défi mémorable, relevé à la dernière minute, ouf. Faut voir qu'à l'époque, c'était plutôt morne touffe, et c'est le genre de torpeur dans laquelle on s'installe sur le long terme si on ne se réunit pas entre célibataires (filles) en hurlant "défi couillonne" entre deux tequilas, histoire de se reprendre en main - collectivement - dans un délai d'un mois maximum. Enfin, en l'occurrence, c'est moi qui avais gagné. Bon, sinon, on avait aussi des défis académiques : Glisser des citations ou images marrantes dans les mémoires de fin d'années [je dis ça pour Bernic qui s'y colle en ce moment, pour qu'elle termine en beauté ! - par exemple en maîtrise d'ethnologie, j'avais glissé en format A4 entre la conclusion et la bibliographie, une reproduction du schéma de la "trappe anti tank" dessinée par Che Guevara dans son manuel pratique sur la guerre de guérilla. Très pratique cette trappe, très ingénieux. La même année, une camarade qui étudiait la division du travail entre hommes et femmes au fin fond du nulle part tropical avait glissé en annexe quelques pages de blagues sexistes. On avait dit "chapeo". Et une autre avait mis une citation du Hitchhiker's Guide to the Galaxy, de Douglas Adams, en épigraphe de son étude sur les filles-mères de Portland...]. Ces défis nous entrainèrent progressivement dans de longues études farfelues, à l'autre bout du monde. Et là, en tchat, on s'écrivait "défi couillonne !!!" en picolant du rhum chacune devant nos ordinateurs, chacune dans notre fuseau horaire. De biens beaux dégâts teintés de bon goût et de jolis diplômes. Il y eut donc des défis capillaires, des défis alimentaires, des défis hors la loi, même des défis straight-edge ("on n'a pas besoin de boire pour bien se marrer en soirée" - de courte durée, ceci dit). Mais avouons, à l'époque, tout se résumait alors en trois mots : picole - études - (bad/no) sex.

Bref, de l'eau, et pas des moindres, a coulé sous les ponts. Maintenant, je vis retirée de l'influence néfaste de mes camarades de couillonnade, éclatées tout autour du globe mais avec un foyer indécrottable dans notre chère capitale. J'ai une maison à la campagne, j'ai un enfant (marcassin, certes, mais enfant quand même), un compagnon stable - finalement -, je fais partie de l'asso des parents d'élèves, du Conseil d'école, de l'asso de gym du village et que sais-je encore. Une vie de bobonne, sans surprise ni palpitations insoutenables au quotidien. Comble de la bobonne-attitude, je fais des loisirs créatifs, si tant est que la couture en fasse partie. Ce n'est peut-être rien pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, comme disait l'autre pianiste à bouclettes.

Bon, alors pourquoi je vous raconte ça ? Parce que, le défi, le défi !

... Mais non, pas la "T"
(y'a pas que la couture dans la vie...)

...Le défi, genre, plutôt, "perdre 3 kilos avant mi-septembre histoire d'avoir un corps de rêve"

Je sais, c'est naze. Déjà parce que je manque singulièrement d'ambition (3 kilos), deuzio, parce que ça n'a rien de très original de vouloir perdre des kilos.

Donc : ou c'est que ça devient n'importe quoi ce blog, ou c'est que c'est là qu'y a la devinette ! Eh oui, BINGO ! c'est la devinette, elle est là !

Donc : pourquoi ferais-je une chose pareille ?

Pour les lectrices assidues de ce blog, vous retrouverez des indices , et . De même, la chanson que vous écoutez en ce moment si vous êtes disciplinée ou fan de mes goûts musicaux. A vous Cognacq Jay.

La suite au prochain épisode, of course...